La Renaissance

Dans les années 1470-1480 Compiègne voit donc sa compagnie de francs archers composée de 20 archers, 2 lanciers et 1 arbalétrier. Les 20 Archers sont : Colard Darel, Jehan Jorram, Colin Marie, Coppe Gorge, Guillaume Beauquesne, Gilles Chapelain, Guillaume Morisset, Pierre de Vendosme, Caisin Regier, Notre, Jehan la Vache, Robin Beaupuis, Guiot Remi, Jehan Tacquet, Vaultié dele Ruelle, Colin Bobbe, Jehan Parrache, Jacques le Musnier, Julien le Beau et Robin Jennotin (dit Gros Robin ou Robin le boucher)

- 1480-1484 : Durant cette période les compagnies de francs archers déclinent car les villes trouvent leur entretien coûteux. A la fin des affrontement contre les bourguignons, suisses et allemands, et alors que la paix est revenue, ces coûts et le souvenir de comportement répréhensibles même en temps de guerre (exigences démesurées, "emprunt" de bétail,...) fait déconsidérer les francs archers (on les appelle alors les francs taupins dans une chanson à cause des taupinières en références à leurs origines paysannes et synonyme de peu éveillé). A ce sujet il faut remarquer que, si les francs archers étaient souvent d'extraction modeste, c'est en grande partie parce que l'exemption d'un faible impôt était moins pesant pour les finances de la ville que s'il s'était agit d'un notable aisé. Il y eu d'ailleurs quelques tentatives de riches marchands pour se faire exempter d'impôt mais leurs performances à l'arc les fit bien vite démasquer et réformer.

On oubliera bien trop vite que ces francs archers auront contribué pour une grande part à l'établissement et au maintien de la nation française à une époque ou celle ci était déchirée entre anglais, suisses et allemands sans oublier les rivalités entre les familles Bourbons, Valois, Bourguignon et autres cousinages. De la guerre de cent ans (1337-1453) à la rivalité entre les cousins royaux les 4 compagnies de francs archers fortes chacune de mille hommes sont allés plus souvent qu'à leur tour répondre à l'appel de leur roi pour défendre ou assurer la conquête des places fortes du territoire français.

Ceux-ci réapparaîtront en 1487 en moindre nombre (6 francs archers seulement à Compiègne) mais avec une meilleure solde : "lesdits habitans, seront tenus fournir à chascun desdits gens de pied la somme de 60 sols tournois par chacun mois qu'ils feront service, et seront pour le temps avenir francs des deniers de la taille"

( cette histoire est tirée, pour une large part, de l'ouvrage "Les Francs Archers de Compiègne" de M le Baron de BONNAULT d'HOUET paru en 1897)

- 15 avril 1575 : Création de la compagnie des arquebusiers.
- 7 mai 1581 : Le roi Louis XI confirme les exemptions d'impôts des francs archers.
- 1630 : Ouverture du jeu aux arquebusiers
- 20 janvier 1664 : Le roi Louis XIV convoque les arquebusiers au grand prix de l'arquebuse qui aura lieu en mars.
- 1718 : Les privilèges sont accordés aux arquebusiers.
- 1721 : Les trois compagnies de l'arc, de l'arquebuse et de l'arbalète assistent en armes à un te-deum chanté à saint corneille à l'occasion du rétablissement de la santé du roi Louis XV.
- 1729 : On retrouve de nouvelles traces de la compagnie où elle "rendit " ses prix généraux (ancêtres des bouquets). Perdant son caractère militaire elle poursuit pacifiquement son existence jusqu'à la révolution à la suite de laquelle elle est dissoute par un décret de la convention qui supprime les compagnies d'archers, d'arbalétriers et d'arquebusiers.

- Mai 1814 (ou 1821) : Elle renaît de ses cendres grâce à un horloger compiègnois M. Ancelin et par ordre de M. le maire. Le drapeau de cette compagnie, dessiné et décrit par M. Léré, se compose de 4 bandes, 2 blanches et 2 violettes, en taffetas. Sa largeur était de 7 pieds et sa hauteur de 6 pieds et demi. Le centre était orné des attributs du jeu d'arc (saint Sébastien). Il avait coûté 100 francs.
- 1846 La compagnie est officiellement dotée d'un capitaine et organise son premier bouquet. C'est aussi le premier acte officiel écrit le 25 avril. Il est à supposer que ce procès verbal ait suivi une période de sommeil.
TRANSCRIPTION DE L'ACTE DE CRÉATION DE LA COMPAGNIE DES ARCHERS DE COMPIÈGNE :
L’an 1846 le 25 avril nous Francois Simon Forest roi de la compagnie d’arc de Montmartre près Paris, Gonnet Jacques chevalier de la cie d’arc de la chaussée du maine à Paris et Ognard Charles Joseph lieutenant de la cie d’arc d’apollon également à paris ayons sur la demande du chevalier Paul Felix Philippe chef ébéniste au palais de Compiègne ancien chevalier de la compagnie d’arc de Montmartre où il a exercé a plusieurs reprises les fonctions de secrétaire, Capitaine et roi de la dite compagnie, ayons sur sa demande et avec l’assentiment des personnes dont il sera parlé plus tard proclamé fondateur d’une nouvelle compagnie qu’il se propose d’établir à Compiègne avenue du Marigny près le rond Royal, après nous être assuré qu’il avait rempli envers la compagnie dont il sort tous les engagements contractés par lui.
Invitons et au besoin requerrons tous ceux a qui il appartiendra de le reconnaître comme chevalier et membre de la compagnie d’arc de Compiègne.
En foi de quoi nous avons signé avec lui ce jour et l’an que dessus.
Signé Forest , Gonnet , Ognard et Philippe

Le premier capitaine nommé le 10 mai 1846 est le chevalier Auguste Gilbert Legrand, négociant. Le premier roi est le chevalier Nogarède.

 

Selon d'autres archives :
Un nouveau drapeau a été offert à la compagnie en 1908 par M. Fournier Sarlovèze connétable. Il est la reproduction de celui qui fut l'emblème de la compagnie lors de sa reconstitution en 1814 : Il se compose de 4 bandes 2 blanches et 2 violettes en taffetas. Il porte au centre coté recto un St Sébastien et au coté verso les armes de la ville. Ce drapeau se trouve, aujourd'hui, au musée de l'archerie à Crépy en Valois
La compagnie a rendu des bouquets en 1718-1729-1846-1853-1877-1889-1905-1923-1929-1951-1989-2013


Traditionnellement chaque compagnie est affublée d'un surnom : celui des archers de Compiègne est "les dormeurs". Ce surnom peu flatteur proviendrait d'un retard des archers de Compiègne lors du siège de Noyon par le duc de Bourgogne où ils furent appelés à la rescousse. A leur arrivée la bataille était finie !
Une autre origine (moins péjorative) serait que l'accès à leur casernement étant très mal pavé leurs déplacements matinaux réveillait les habitants ce qui les obligeaient à ne sortir ou rentrer que tard dans la matinée ou tôt le soir. Selon d'autres sources ce sont les archers eux-mêmes qui étaient victimes du bruit que le passage des diligences sur les pavés provoquait et les empêchait de dormir convenablement. Aussi les gens les trouvaient souvent encore endormis tard dans la matinée.
Autre explication : En 1684 Compiègne reçut le bouquet du prix général de Ham. Les archers devaient le rendre l’année suivante. 30 ans plus tard ils n’avaient toujours pas tenu leur promesse. Il fallut, pour les réveiller d’un aussi long « sommeil », un rappel à l’ordre énergique des chevaliers de Ham et le bouquet fut rendu au mois d’avril 1718.

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